07.07.2008

Chanson

Et une dernière chanson :

À Sainte-Marie !

(sur l’air de Gare au gorille)


Elle habitait la rue des Belles
Lui travaillait rue des Beaucoups

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Transformant à coups de truelle
Un chai, en gîte que l’on loue.
Il était né à La Rochelle
Elle était soignante à La Noue
Piquait, pansait, les plaies rebelles
Des Grenettes à Rivedoux,
À Sainte-Marie !

Rue des Parées, un’ varicelle,
Rue des Chirons, prendre le pouls
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D’un hypertendu artériel
Rue du Paradis, un genou,
Rue Chantecorps, une peau qui pelle,
Rue des Amourett’s, des clous au cou,
De la Paillarde
, en la Venelle
Sur la tête un très mauvais coup,
À Sainte-Marie !


Rue des Francs-Tireurs, d’une échelle
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Lui faillit se rompre le cou
On appela la demoiselle
Car il ne tenait plus debout.
Elle arriva à tire d’ailes
En pédalant sur son biclou.
Elle lui posa trois attelles
Et des pansements un peu partout.
À Sainte-Marie !

Pour lui ce fut une étincelle
Elle le trouva à son goût.
Pour se soigner, il fit du zèle
Il demanda des rendez-vous.
Elle ne se montra pas rebelle
Quand il voulut prendre un bisou
Et de fil en aiguille, la belle
Se risqua à des jeux plus fous.
À Sainte-Marie !

Quand elle passait par la venelle
Les commères du Coin jaloux0c98831fea010f396aaeb3bf71cf5c3c.jpg

Se demandaient « est-elle pucelle ?
A-t-elle déjà connu le loup ? »
Je vois que votre œil étincelle
Mais vous ne saurez rien du tout.
Le maire leur dit « soyez fidèles ! »
Quand ils lui ont dit : « Mariez-nous ! »
À Sainte-Marie !

Moralité
L’amour est au coin des ruelles
À Sainte-Marie où à La Noue
Rue des Belles ou Rue des Beaucoups
Promenez-vous ! Promenez- vous !
À Sainte-Marie !

05.07.2008

Enrichir ses connaissances

Texte de Danielle sous forme de saynète.

Enrichir ses connaissances

PETIT PAUL feuillette un magazine, le père lit le journal. On entend off remuer des casseroles.

PETIT PAUL – Papa, comment ça s’écrit « beaucoup » ?

PERE – B. E. A. U. C. O. U. P ?

PETIT PAUL – Y’a pas de s ?

PERE – Jamais, c’est un adverbe, et un adverbe c’est toujours INVARIABLE.

PETIT PAUL – Ben là, ils ont mis un S ?

PERE – Où ça ?

PETIT PAUL – Dans Le Fil de Ré, là, sur le plan de Sainte-Marie…Rue des Beaucoups, avec un s…

PERE – Ça doit être une erreur… Demande à ta mère…

PETIT PAUL allant vers la cuisine- Maman, pourquoi y a un s à la rue des Beaucoups ?

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MERE off – Ben, si c’est des beaux coups, y a forcément plusieurs coups, donc S.

PETIT PAUL revenant– Maman elle a dit que y avait un S !

PERE – Oui mais là, c’est pas « des beaux coups » en deux mots, c’est « beaucoup » en un seul mot et avec un S.

MERE paraissant sur le seuil de la porte – D’habitude, tu dis plutôt : « des bons coups », pas des « beaux ».

PERE – Moi ? Mais j’ai pas dit « des bons coups », j’ai des « des beaux coups ».

MERE – Ah ! Parce que tes « Belles », c’est pas des « bons coups » ?
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PERE – Minouche, je t’ai déjà dit que c’étaient des Amourettes !

MERE - Et ta grande Paillarde ? et tes deux Parées comme des arbres de Noël ?

PERE – Mais qu’est-ce que tu vas t’imaginer ? Qu’est-ce que tu racontes ? Et devant le gosse !

MERE – Toi et tes potes, on vous appelait pas les « Francs-tireurs » ?

PERE – C’était dans le temps, quand je ne te connaissais pas…

MERE – Alors pourquoi ton gosse demande si t’as eu des bons coups ?

PERE – Mais non, il n’a jamais dit ça ! Il se renseigne simplement sur les noms des rues…Hein, Petit Paul…

MERE – Mon œil ! il a dû t’entendre dire…

PERE – Jamais ! Je te jure ! Hein, Petit Paul ? (Petit Paul ne répond pas, occupé à lire) (à la mère) Il regarde les noms des rues et…(à Paul) Dis quelque chose, Paul !

PETIT PAUL – Ben oui ! Y’en a des drôles à Sainte-Marie, y en a même qui chient rond.

MERE et PERE – Quoi !

PETIT PAUL riant. - Ils chieront, vous chierez, tu chieras…

MERE - Mais tu entends comment il parle !

PERE – Mal poli !

MERE – Va dans ta chambre et conjugue moi « être poli », au présent et au futur…

PETIT PAUL –Mais maman ! Je te jure rue des Chirons, c'est marqué dans le Fil de Ré.
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PERE – Fais ce que ta mère te dit…

Paul sort en maugréant.

PETIT PAUL –C’est pas juste ! C’est toujours moi qui prends ! J’en ai marre !

Le Père enlace la mère.

PERE – Chérie…

MERE au Père – Ne crois pas t’en tirer à si bon compte.

PERE – Chérie, tu sais bien qu’il n’y a que toi que j’aime. Il l’embrasse.

Le fils reparaissant

PETIT PAUL en aparté et au public – Dans cinq minutes, ils vont faire Chantecorps, et ils seront au Paradis. (Un temps) Au fait, vous savez où on habite ? Vous avez deviné ?... Rue du Coin jaloux, bien sûr.

04.07.2008

Le grand jaloux

Voici le texte de Dominique avec ses recherches sémantiques...


Couché à même le sol rugueux dans une parée
Là où seules quelques amourettes poussaient encore,
Il attend impatiemment sur les terres de Chantecorps

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La fin de cette nuit si chaude annonçant une belle journée.

Furieux et blessé comme déjà la veille,
Quand il les avait surpris tendrement enlacés,
Une unique pensée le tient aujourd’hui en éveil,
Tuer ce franc-tireur et sa belle…

Il les avait épiés, caché derrière les chirons
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Jusqu’à la nuit tombée… Au soir, il prit sa décision :
Leur tendre un traquenard : c’était son obsession !
Il les attirerait vers
le paradis tout près des navires et des pontons

Son cœur s’était brisé en découvrant les deux amants
Roulés dans les paillardes, se regardant amoureusement.
Elle était son coin jaloux, sa muse de la rue des Beaucoups
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Alors, il visa, et tira, par deux fois…
Et le rouge éclaboussa les belles de-ci, delà…


Une parée: une étendue de terre entre deux sillons, ou deux rangs de vigne.
Amourettes: herbes sauvages.
Chantecorps: lieudit de La Noue, « champ de corps », fief du prieuré de Sainte-Marie, jusqu’en 1790.
Les chirons : habituellement morceaux de granit dans du calcaire, mais à Sainte-Marie, semble désigner de simples buttes de terre.
Le paradis : endroit du port où les bateaux sont en sûreté, à l’abri du vent. Jusqu’en 1745, Montamer était un aber et le flux pénétrait dans le village de La Noue jusqu’à l’ancienne école.
Les paillardes : endroits où la paille est répandue (sens général de l’ancien français).
Le coin jaloux: sa propriété.
Et les belles ? des fleurs, appelées "belles de jour" si elles fleurissent le jour, « belles de nuit », si elles s’ouvrent à la nuit tombante.


Mais on ne sait toujours pas pourquoi « beaucoups » ?

26.04.2008

La rencontre du 26 avril

Depuis le temps qu’on vous en parlait de ce concours, eh bien ! la remise des prix est enfin arrivée.
Plus une seule place dans la salle de la Médiathèque de Sainte-Marie, on avait même dû rajouter des chaises.
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Pour écouter les textes des six lauréats, six textes dont les comédiens se sont emparés, certains sont restés debout.c34ec7f17fcc9a8b764d5f65c84d258f.jpg
Le premier texte, En passant près de la passerelle de Wanda Brewinski, empreint de mélancolie et de tendresse fut lu par Annie Schindler, 9935691b18a19e4dd7570b940abdd168.jpg
La Rencontre (anonyme), clin d’œil aux ancêtres rétais partis il y a quatre siècles fonder Québec, fut interprété par Jean-Louis Bauer et François Leclère,
L’Homme et la Femme de Roudy Lemaire qui puisait dans la mémoire du théâtre et de la littérature fut mis en voix par Bernadette Le Saché et Jean-Louis Bauer,
Une Émotion de Monsieur, de François Varay donna lieu à l’interrogatoire surprenant de Jean-Louis Bauer, par Annie Schindler, François Leclère et Valentin.199799cc6db33f23141e081608dc526e.jpg
Suite et Faim d’Olivier Lebleu fit revivre un Petit Prince bien émouvant dans la lecture de François Leclère et Valentin.dc5b4a84b1e8f131d254717b8388dd43.jpg
Vous avez dit liberté de Pierre, détenu à la maison d’arrêt de Saint-Martin-de-Ré constitue un témoignage bouleversant sur un homme dont la vie s’est un jour, abîmée. Texte lu par François Leclère. Me Jean-Marie Digout, bâtonnier de l’ordre des avocats à La Rochelle en remettant le prix au responsable de l’unité d’enseignement de la maison d’arrêt, Jean-Philippe Baudoin, insista sur les résultats positifs de l’expérience.a640eab976f5d74e16a36223c0095edb.jpg

Les dix mots de la rencontre ont inspiré jusqu’au conseil municipal, et Madame Gisèle Vergnon, maire de Sainte-Marie qui remettait son prix à François Varay, lut ce texte, écrit par Isabelle :
"Les fleurs, c’est comme un sourire, ça égaie les visages. Après bien des palabres au sein du conseil, nous avons décidé de créer un chemin de rhizomes. Au printemps, quand tout sera fleuri, on s’attablera devant notre mairie et là, toi et moi, maritais et élu, avec tact mais dans une ambiance jubilatoire, nous nous apprivoiserons et créerons la passerelle entre nous. Plus besoin de boussoles, les fleurs nous guideront."

Après les « mots de la Rencontre, en 2008 », pour 2009, la Délégation générale à la langue française a choisi de mettre en valeur la capacité du français à dire l’avenir, avec Dix mots pour dire « demain »
J’ai le grand plaisir de vous en donner la primeur :
« ailleurs, capteur, clair de Terre, clic, compatible, désirer, génome, pérenne, transformer, vision. »

Mais comme vous avez jusqu’en mars 2009 pour inventer votre saynète, nous vous proposons pour un prochain rendez-vous avec « les Mots de la commune. »

Les rues de Sainte-Marie-La Noue portent des noms évocateurs. Nous en avons retenu dix :
Rue des Amourettes
Rue des Beaucoups
Rue des Belles
Rue Chantecorps
Rue des Chirons
Rue du Coin Jaloux
Rue des Francs-Tireurs
Venelle de la Paillarde
Rue du Paradis
Rue des Parées

Si vous en connaissez l’histoire, venez nous la raconter.
Si quelqu’un l’a déjà écrite, venez la communiquer.
Si vous ne la connaissez pas, inventez-la.
Dialoguez-la. Écrivez-la, et venez nous la lire.

A bientôt pour une nouvelle rencontre...

23.04.2008

Courts métrages à la Maline

Hier soir, projection de quinze courts métrages réalisés sur l'île dans le cadre des "ateliers du cinéma", Ré-écrire, Ré-aliser dirigés par Philippe Maynial.
Ces quinze courts métrages tournés et montés dans des conditions exceptionnelles, encadrés par de grands professionnels, ont permis à de jeunes réalisateurs de donner de magnifiques images de l'île que nous aimons tant.
Quinze scénarii, tous différents, quinze histoires avec l'île, non seulement pour cadre, mais comme actrice principale.
Elle inspire, notre île, avec ses plages, ses marais salants, le chenal du port d'Ars, la maison dans les dunes, les rochers, les pistes cyclables, les voiliers, les volatiles...
Le public, était invité à voter. Un nom, un seul nom, quand sur quinze histoires, on en aimait douze ou quatorze. Dur, le choix !
Ce fut Tandem de Thomas Le Douarec qui l'emporta, suivi de Le Goût du sel sur ta peau de Valérie Gaudissart.
Thomas Le Douarec, ne se contente donc plus du Théâtre ! Le voilà cinéaste. Ses mises en scène étaient remarquables, son court métrage est déjà remarqué. Insatiable ! Doué pour les images scéniques, il a aussi du génie pour les dialogues affûtés.
Tandem se passe "à bicyclette", en partie sur les pistes cyclables. Est-ce le charme de la voix d'Yves Montand qui accompagne le couple de cyclistes ? Celui de Florence Darel, mutine et coquine ? Sont-ce les dialogues percutants ? La pirouette finale ? Les spectateurs ont aimé en être les complices.
Le Goût du sel sur ta peau montrait comment un couple redonne... du sel à ses relations, par des jeux qu'on croyait réservé aux enfants...
On a également apprécié la tension dramatique de Comment il va ? de Samuel Tasinage, le malentendu de L'Amour à la plage d'Olivier Lebleu, la visite du cimetière d'Ars dans Faire-Part de Cécile Chaspoul, la jolie mariée auréolée de ses voiles et de la douce lumière de l'île dans Menteuse de David-Alexandre Detilleux, et l'humour de Rencontre d'Alain Monne...
Ah! ces courts qui ne demandent qu'à devenir longs, quel régal !